Maître Bénattar Dominique

Avocat à la cour (Paris 17eme arrondissement)
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Hiver 54, les prémices de la trêve hivernale

Article publié le 26/11/2018, vu 228 fois

Hiver 54, les prémices de la trêve hivernale

Chaque année au 1er novembre commence la trêve hivernale. Un soulagement pour les très nombreuses familles en situations précaires, une contrainte pour les propriétaires bailleurs face aux impayés de loyers. Retour sur le combat de l’Abbé Pierre, un homme investi contre le mal logement et la misère.

Sensibilisé très jeune aux problèmes d’indigence puisque dès l’âge de 6 ans, il accompagne son père le dimanche matin pour s’occuper des sans abris et des pauvres sur le quai Rambaud à Lyon, l’Abbé Pierre a fait de sa vie une lutte pour une société plus respectueuse des droits fondamentaux de chaque homme.

Il prononce ses vœux, dont celui de pauvreté, en 1931, s’engage comme résistant pendant la seconde guerre mondiale puis en politique au sortir de la guerre. Il s’implique jour après jour et jusqu’au moment de sa mort avec une profonde détermination pour mobiliser autour de lui afin de faire changer des lois établies ainsi que les regards indifférents de notre société sur ces problèmes de pauvreté et de mal logement.

C’est au cours de l’année 1954 qu’il gagne sa notoriété en lançant un appel aux dons sur les ondes de Radio Luxembourg pour venir en aide à toutes les personnes sans logement alors que l’hiver redouble de violence. Les dons récoltés, 500 millions de francs, lui permettront de faire construire les « cités d’urgence », qui au fil des années deviendront des cités HLM. Mais son action permettra surtout la création à l’hiver 56, de la trêve hivernale. À l’époque, elle débute le 1er décembre pour s’achever le 15 mars de l’année suivante. Aujourd’hui, elle court du 1er novembre au 31 mars et est assortie depuis 2008 d’une trêve énergétique avec l’impossibilité de couper l’électricité et le chauffage pendant la même période.

La crise du logement touche les plus pauvres et les plus précaires et également depuis quelques années les couches populaires ainsi que les classes moyennes. Aujourd’hui,

4 millions de personnes en France sont mal logées et 12 millions sont fragilisées par rapport au logement. En 2014, on comptabilisait 132 000 décisions de justice prononçant l’expulsion, contre 129 189 en 2016 et 125 971 en 2017. Le chiffre est en baisse mais nombreux sont ceux qui se retrouvent malgré tout à la rue.

En effet, de très nombreuses familles sont expulsées ou menacées d’expulsion sans solution de relogement alors qu’elles sont en principe protégées par le Droit Au Logement Opposable (DALO). Plus précisément, elles devraient accéder à un logement social lors dune menace d’expulsion et ne pas être expulsées sans avoir reçu de solution de relogement comme le garantit la circulaire dite Duflot.

Et alors que la loi ALUR (Accès au Logement et Urbanisme Rénové) avait imaginé une Garantie Universelle des Loyers (GUL), financièrement à la charge de l’État et couvrant le propriétaire bailleur du parc privé contre les loyers impayés pour une durée maximale de 18 mois, elle a été abandonnée au profit de la Garantie Visale qui s’adresse aux salariés précaires de moins de 30 ans et aux ménages à faibles revenus. Un long chemin reste à parcourir pour que chacun puisse avoir un toit où vivre dignement.

C’est en ma qualité d’avocat en droit immobilier, chaque jour toujours plus impliquée, que je me sens touchée et concernée par ces problématiques.



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